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È ora di parlare di soldi.

Energie rinnovabili e fonti «obsolete»

Nicolas Hefti, senior investment advisor

La transizione energetica è un passaggio obbligato se si vogliono raggiungere gli obiettivi climatici di Parigi. E il tempo stringe, come ha evidenziato di recente una relazione speciale del Comitato Intergovernativo sui Cambiamenti Climatici. Per abbassare le emissioni globali di CO₂ urgono misure drastiche nei settori che ne generano i volumi maggiori (energia, trasporti e industria).

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Chi ha pronunciato le tre frasi seguenti?

  • «Quest’anno bisogna fermare lo sviluppo e lo sfruttamento di nuovi giacimenti di petrolio e gas.»
  • «Stop alla costruzione di nuove centrali a carbone.»
  • «Dal 2035 la vendita di veicoli con motori a combustione deve cessare in tutto il mondo.»

Forse radicali attivisti per il clima? No, l’autore di queste richieste perentorie è nientemeno che l’AIE, l’Agenzia internazionale dell’energia.

E sulla stessa linea di pensiero è anche il colosso gaspetrolifero britannico BP (British Petroleum): secondo il suo capo economista Spencer Dale, per raggiungere gli obiettivi climatici di Parigi bisognerebbe replicare ogni anno il notevole calo delle emissioni globali di CO₂ registrato nel 2020 a causa del coronavirus (–6,3 %). Queste e altre dichiarazioni dimostrano che le evidenze scientifiche pubblicate nel 2018 dall’IPCC circa la necessità di ridurre le emissioni di CO₂ su scala mondiale sono sempre più riconosciute anche tra gli operatori dell’industria energetica fossile.

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Émissions de gaz à effet de serre: trois secteurs dans le viseur

Bien que le secteur de l’énergie s’efforce de réduire ses émissions et qu’il ait déjà investi de façon substantielle dans les énergies renouvelables au cours des vingt dernières années, il demeure à l’origine d’environ 30% des gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère. Si l’on inclut le secteur des transports et celui de l’industrie, cette part dépasse les 60%. Pour stabiliser le réchauffement de la planète, il est urgent que ces trois gros pollueurs réussissent leur décarbonation, principalement en intensifiant le recours aux énergies renouvelables dans le mix énergétique mondial.

Le secteur de l’énergie face à un développement massif des ressources renouvelables

Le secteur de l’énergie doit cette première place sur le podium à l’utilisation répandue des centrales au charbon. La réduction de la production d’électricité à partir de cette ressource n’est plus seulement une affaire de mode du développement durable, mais trouve des fondements économiques. L'Agence internationale pour les énergies re nouvelables (IRENA) et BloombergNEF (BNEF) constatent que, dans les pays les plus peuplés, comme la Chine et l’Inde, mais également dans une large partie de l’Europe, il est désormais plus avantageux de construire de nouvelles installations solaires ou éoliennes à cet effet que de continuer à exploiter des centrales au charbon ou au gaz.

L’IRENA estime que d’ici 2050, la production d’électricité aura triplé par rapport à aujourd’hui et que 90% de celle-ci proviendront d’énergies renouvelables (contre 25% en 2018). Dans ce contexte, l’éolien et le solaire présentent le plus grand potentiel. Le reste sera produit à partir de gaz naturel (6%) et d’énergie nucléaire (4%). La décarbonation de l’approvisionnement électrique mondial passera également par d’autres sources d’énergies renouvelables pleinement développées, telles que l’hydraulique, la bioénergie et la géothermie, ainsi que par des technologies émergentes, comme le solaire thermodynamique à concentration et l’énergie marine. D’ici 2050, il faudrait presque multiplier par dix la capacité de production installée des énergies renouvelables et par trois la construction annuelle de nouvelles installations. Face à ce développement massif, certaines critiques s’élèvent quant au fait que de vastes territoires devront être «sacrifiés». Dans son scénario le plus optimiste, BNEF table sur environ 1,4 million de kilomètres carrés à l’échelle mondiale, soit à peu près trois fois la surface de la France (hors territoires d’outre-mer).

La mobilité électrique pour décarboner les transports

Le secteur des transports est le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre, principalement à cause des moteurs à combustion des véhicules routiers, du trafic aérien et du trafic maritime, la première catégorie étant cependant la plus polluante. En vue d’amorcer la décarbonation dans ce domaine, les véhicules électriques constituent une solution désormais disponible sur le marché et économiquement viable, notamment pour les voitures de tourisme, les bus et les véhicules à deux et trois roues. Les véhicules électriques gagnent en compétitivité par rapport à ceux équipés d’un moteur à combustion, car les prix des batteries baissent: entre 2010 et 2020, le prix moyen des batteries lithium-ion a diminué de 89% et s’élève désormais à 137 USD/kWh, une tendance qui pourrait encore s’accélérer.

Les coûts à prendre en compte dans la transition énergétique

L’IRENA considère que, pour réussir la transition énergétique d’ici trente ans, les investissements nécessaires se monteront à 131 000 milliards d’USD, soit environ 4400 milliards d’USD ou plus de 5% du PIB mondial par an (état: 2020). Actuellement, ils s’élèvent à 1700 milliards d’USD. La totalité des investissements doit être allouée aux technologies qui permettront d’opérer cette transition, telles que les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, l’électrification de la consommation finale, les réseaux électriques, les innovations en matière de flexibilité (hydrogène) et les mesures d’élimination du carbone. Ce volume gigantesque devrait avoir pour effet secondaire positif de créer des emplois dans le domaine des énergies renouvelables. De nombreux arguments soutiennent la transformation rapide de l’économie mondiale. Reste à savoir si l’humanité parviendra à répondre aux exigences de l’AIE et à atteindre les objectifs climatiques de l’Accord de Paris.

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